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Le GVEC : une solution financière locale pour les populations vulnérables

capfida madagascar GVEC

Depuis 2019, les Groupements Villageois d’Entraide Communautaire (GVEC) boostent l’agriculture familiale à travers le programme DEFIS qui a instauré un appui concret aux agriculteurs familiaux. Ces structures locales jouent un rôle crucial en tant que fournisseurs de services financiers communautaires, facilitant l’accès à des ressources pour les exploitants ruraux.

Aujourd’hui, quelque 13 200 producteurs, répartis dans 686 GVEC à travers neuf régions, bénéficient de ce dispositif. Ces groupements permettent aux agriculteurs de financer leurs projets, d’accroître leur productivité et de se prémunir contre les aléas économiques, renforçant ainsi la durabilité de l’agriculture familiale.

Étant un modèle d’autonomie financière au cœur des communautés rurales, le GVEC réunit entre 15 et 20 membres d’une même communauté, qui mettent en commun leurs économies pour offrir des prêts et des crédits entre eux. Ce modèle de solidarité locale permet une disponibilité financière continue, aidant les familles à mieux faire face aux besoins du quotidien.

Les communautés vulnérables trouvent ainsi, à travers le GVEC, un chemin vers l’autonomie financière. Plutôt que de s’adresser aux institutions financières traditionnelles, les membres du GVEC créent leur propre système de micro-finance communautaire, basé sur l’épargne et le prêt au sein même de leur village. Ce mécanisme leur permet d’épargner, de contracter des crédits, et d’investir dans leurs activités agricoles sans sortir de leur environnement immédiat, contribuant ainsi à leur résilience économique.

Les femmes en première ligne

Lovasoa Marie Charlys Tatamoinina, Conseillère en Gestion des Agricultures Familiales (CGEAF) auprès du Tranoben’ny Tantsaha de la Commune rurale de Ranohira, dans la Région Ihorombe, souligne que les femmes sont les principales actrices des GVEC dans cette zone.

« En 2021, lors des premières campagnes de sensibilisation dans les fokontany, quelques membres ont rapidement répondu à l’appel, curieux de découvrir ce système d’entraide financière. Chaque membre doit contribuer 1000 ariary par semaine et acheter des parts sociales d’une valeur de 4000 à 5000 ariary. Une cotisation sociale est également exigée pour le bon fonctionnement du groupement », explique-t-elle.

Aujourd’hui, la majorité des membres des 14 GVEC de la commune rurale de Ranohira sont des femmes, plus encouragées à participer que les hommes. Ces membres, engagés depuis quatre ans dans ces groupements, sont désormais en plein dans leur quatrième cycle d’implication. À la fin de chaque cycle, les bénéfices des épargnes sont redistribués, pouvant atteindre des sommes de 5 000 000 à 7 000 000 ariary. Ce système permet ainsi à de nombreuses femmes de sécuriser leur avenir financier et de mieux subvenir aux besoins de leur foyer.

Angèle Christine Bao, présidente du GVEC Tanjozato (Commune rurale de Ranohira, Région Ihorombe)

« Lors de l’intégration de nouveaux membres, nous leur expliquons en détail le statut et le règlement intérieur du GVEC. En plus de la cotisation hebdomadaire, de l’achat de parts sociales et de la participation aux actions sociales, nous rédigeons un protocole de sanctions pour les absences non justifiées et les retards », précise-t-elle.

« Grâce à ces séances de formation sur la gestion du budget, les crédits, les épargnes et surtout, comment réinvestir l’argent, nous avons réellement vu leur quotidien changer. Leur vie s’est transformée du jour au lendemain », confie Angèle Christine Bao.

Marie Clotilde Razafinandrianina (Commune rurale de Ranohira, Région Ihorombe)

« Bien que je sois membre du GVEC depuis seulement deux ans, mes activités ont sensiblement progressé, mais j’ai surtout trouvé un nouveau projet. Je me suis spécialisée dans l’élevage et la commercialisation de poulets de chair. Avant, je devais m’endetter auprès de ma famille ou de mes amis pour financer mon élevage et mes besoins, principalement à cause des taux d’intérêt trop élevés. Avec le soutien du GVEC, j’ai pu obtenir un prêt de 500 000 ariary, que j’ai utilisé pour vendre mes poulets aux touristes. En seulement six mois, j’ai remboursé mes dettes sans difficulté. Aujourd’hui, grâce aux bénéfices générés par la vente de poulets, je me lance dans le commerce de balles de friperies », explique-t-elle fièrement.

Anita Maria Rakotovoavy (Commune rurale de Ranohira, Région Ihorombe)

« Ce qui est vraiment bénéfique avec le GVEC, c’est que notre manière de penser a évolué. Ce n’est pas seulement une question d’épargne et de crédits, mais de vision. Le GVEC a changé nos vies, à moi et à d’autres membres de notre communauté. Grâce aux formations des agents du programme et du Tranoben’ny Tantsaha, nous avons appris à revoir notre manière de concevoir la vie et les objectifs que nous devons faire pour réaliser nos rêves. Nous appliquons désormais cette nouvelle vision. Grâce à nos épargnes et à nos crédits communautaires, nous avons construit progressivement. Pour ma part, en 2021, j’ai acheté un terrain, et en 2022, j’ai pu démarrer ma construction. Aujourd’hui, en 2024, je suis fière d’avoir construit ma maison. »

Eulalie Narilalao Randimbisarisoa, présidente du GVEC « Mifanavotra » (Commune rurale d’Alakamisy Ambohimaha, District de Lalangina, Région Haute Matsiatra)

« Avant de rejoindre le GVEC, je n’avais pas accès aux prêts traditionnels des institutions financières locales, faute de garantie de remboursement. Mais grâce au GVEC, j’ai pu concrétiser mon projet d’élevage de porcs. Les fonds initiaux ont été rapidement recouvrés en trois mois. Une fois le prêt remboursé, j’ai reçu de nouveaux crédits pour poursuivre mes activités. Aujourd’hui, mon mari et moi avons pu acheter un terrain et construire une maison. Nos enfants bénéficient d’une scolarisation stable, et nous avons diversifié nos activités agricoles. Le GVEC a changé notre vie en nous offrant stabilité et sécurité financière. »

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