Dans la commune rurale de Mahasoa Est, district de Betroka (région Anosy), les terres agricoles du Fokontany
Andriabe amorcent un tournant décisif. Grâce à un projet de développement financé par l’État malagasy, le
FIDA et l’OFID, un réseau hydroagricole moderne est en train de redonner vie à un bassin rizicole stratégique.
Un chantier structurant sur un site stratégique à fort potentiel
Situé à 85 km de Betroka et à près de 500 km de Fort Dauphin, le site d’Andriabe, accessible via la RN-13, repose sur une plaine rizicole alimentée par la rivière Ihazofotsy. Autrefois cantonnée à une riziculture pluviale limitée à 10 hectares, la zone présentait un faible rendement moyen de 1,5 tonne à l’hectare. Mais la donne change.
Le projet a permis la construction d’un barrage de 70 mètres de long équipé d’ouvrages techniques avancés notamment un avant-canal en béton armé, un dessableur, des ouvrages de protection et 4 350 mètres de canaux.
L’implication communautaire n’est pas en reste : les 53 exploitants agricoles familiaux bénéficiaires, regroupés au sein de l’AUE « Andriabe Miraihina » (dont 27 femmes), ont participé activement aux travaux de creusement de canaux, de création de fossés de garde et de plantation de sisal pour la stabilisation des berges.
Une gestion de l’eau maîtrisée, pour une double saison de production
Les résultats attendus sont majeurs : 80 hectares de rizières irriguées et une hausse significative du rendement à 4 tonnes/ha, avec la possibilité d’enchaîner deux campagnes culturales. Le réseau est conçu selon les normes du NIHYCRI, garantissant sa pérennité et son efficacité. Une composante importante du projet repose aussi sur le renforcement des capacités des bénéficiaires pour assurer une gestion autonome et durable des infrastructures.
Le projet d’Andriabe s’inscrit pleinement dans une logique de sécurité alimentaire et de résilience face aux aléas climatiques. En valorisant un grenier agricole régional jusque-là sous-exploité, il redonne espoir à une population rurale longtemps confrontée à l’insécurité économique et alimentaire. Les travaux, réceptionnés provisoirement en 2024, marquent ainsi le début d’un nouveau cycle pour l’agriculture locale.