Dans le Sud-Est de Madagascar, le véritable défi des riziculteurs ne se situe plus uniquement dans la production. Bien que les rendements soient encourageants, atteignant 4,2 tonnes par hectare en moyenne, jusqu’à 20 % du riz produit est perdu après la récolte. Le Programme DEFIS du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, financé par le FIDA, collabore avec le FOFIFA et AfricaRice pour maximiser les bénéfices économiques des riziculteurs.
Réduire les pertes post-récolte pour augmenter les revenus
Des études menées montrent qu’une réduction de seulement 10 % des pertes post-récolte peut générer jusqu’à 20 % de revenus supplémentaires aux riziculteurs.
Pour cela, à travers une série de formations pratiques, le Programme agit sur toute la chaîne : récolte, battage, séchage, stockage et décorticage. Par ailleurs, les bénéficiaires ont été formés dans la compréhension du marché, la maîtrise des normes de qualité, la vente et la négociation.
Des équipements qui changent le quotidien
Pour passer de la théorie à la pratique, avec le CFAAMMA, des démonstrations pratiques ont été réalisées sur l’utilisation de nouveaux équipements.
Des équipements adaptés ont été mis à disposition des associations : batteuses, vanneuses avec supports techniques.
Une innovation dont bénéficient particulièrement les femmes : moins de pertes au moment du battage, meilleure qualité du riz et baisse de la pénibilité du travail.
Créer de la valeur avec le riz étuvé et le riz brisée
L’appui ne se limite pas à réduire les pertes. Une attention particulière a été portée sur la transformation pour diversifier les revenus des ménages ruraux.
Le riz étuvé est une opportunité prometteuse, à la fois sur le plan économique et nutritionnel. Des efforts de sensibilisation restent toutefois nécessaires pour encourager davantage sa consommation.
L’accent est aussi mis sur la valorisation du riz brisé, sous-produit souvent mis de côté. Grâce aux formations dispensées par AfricaRice et le FOFIFA, les producteurs découvrent désormais comment le transformer en mofo gasy, farine et autres préparations locales.
Le stockage : une étape clé
Mieux stocker, c’est mieux vendre. Ainsi, le stockage a aussi été particulièrement mis en avant. En améliorant les conditions de conservation du riz, les producteurs peuvent préserver sa qualité et éviter de vendre immédiatement après récolte. Ils peuvent ainsi profiter de prix plus avantageux.
Des organisations paysannes mieux structurés
Au-delà des aspects techniques, le Programme accompagne également les associations de producteurs pour renforcer leur gouvernance avec comme priorités : une meilleure organisation interne, une utilisation optimale des équipements, le développement d’activités génératrices de revenus, le renforcement de leurs capacités de commercialisation.
Ces associations gagneraient à se structurer autour de commissions thématiques dédiées à la vente, à la logistique, à la communication ou encore à la gestion des ressources humaines.
Le leadership local, notamment celui du Tranoben’ny Tantsaha Manakara, (TTM) a joué un rôle important dans cette dynamique, renforçant l’engagement des producteurs et la participation accrue des femmes dans la filière riz.
Des innovations testées directement sur le terrain
Les producteurs ont pu tester les solutions, échanger entre pairs et valider eux-mêmes les techniques les plus efficaces. Cela à travers les visites de terrain et la présence de sites vitrines consacrés notamment aux systèmes d’irrigation (par pompage) et aux unités de transformation de riz (fitotoam-bary).
Cette approche participative favorise l’apprentissage collectif et accélère l’adoption des innovations.
Une filière riz plus résiliente, rentable et inclusive
En combinant formations techniques, équipements post-récolte, valorisation des produits, structuration des associations, le Programme DEFIS contribue à renforcer durablement la filière rizicole dans le Sud-Est de Madagascar.
La collaboration avec AfricaRice, le FOFIFA, le TTM et les partenaires locaux démontre qu’une meilleure gestion post-récolte et une meilleure valorisation du riz sont des éléments clés dans la modernisation de la filière riz.
Les femmes et les jeunes jouent un rôle stratégique en s’impliquant fortement dans la gestion, le marketing et la transmission des savoirs. Leur participation contribue directement à l’amélioration de la qualité des produits et à la professionnalisation des associations. Les jeunes, quant à eux, apportent de nouvelles dynamiques, notamment dans la promotion et la commercialisation du riz.