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Agroécologie|

L’agroécologie, dernier rempart face aux défis du Sud de Madagascar

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Décembre 2024, Fokontany d’Anjamahaso, Commune rurale d’Ambondro, District d’Ambovombe, Androy.

Les pluies n’ont pas arrosé la terre depuis plusieurs mois. Les activités agricoles sont presque inexistantes. Située dans une zone reculée de la région Androy, cette partie du pays est devenue un foyer de pauvreté rurale et d’insécurité alimentaire, en raison de l’infertilité des sols, du changement climatique et de pratiques agricoles non durables.

Le couple Fomey Soa possède une parcelle de 26 ares qu’ils exploitent tant bien que mal depuis quelques années. Cette terre est constamment battue par un vent puissant, et son sol rouge et dur qualifié de “satin sec”. Le vent emporte souvent du sable, frappant durement les plantations fragiles que Fomey Soa et son épouse ont tenté de cultiver. Le sol sablonneux ne permet la survie que des cactus.

Face à cette situation, le Programme DEFIS, en collaboration avec le Tranoben’ny Tantsaha Ambovombe, a proposé aux ménages, dont celui de Fomey Soa, de tester une version de l’agroécologie. L’application de cette méthode repose sur la gestion de la fertilité des sols, la diversification des cultures agricoles et l’intégration de l’élevage.

« Nous avons choisi d’expérimenter l’agroécologie, et cette parcelle est notre principale source de subsistance. C’est ainsi que l’application de l’agroécologie a amélioré notre autosuffisance et nos rendements », explique Fomey Soa.


Trois ans de fertilité

La diversification des cultures passe par l’adoption de techniques agricoles adaptées au climat. L’agroécologie vise également à renforcer la résilience des systèmes de production face aux conditions climatiques et environnementales locales.

« Nous avons d’abord réaménagé cette parcelle pour mieux la protéger contre le vent et le sable. L’aménagement a été suivi par l’installation d’un système de clôture. Pour nourrir notre parcelle, nous avons planté des cactus de ronces locaux autour de la parcelle pour construire des haies. À l’intérieur, des cultures de contre-saison comme les légumineuses et l’arachide dominent. Elles sont entourées de manioc, une plante plus résistante, afin de les protéger des conditions climatiques particulièrement difficiles », explique Fomey Soa.

En trois ans de pratique agroécologique, les rendements se sont améliorés, car la santé des sols s’est notamment améliorée. L’utilisation d’engrais biologiques, suivant une méthode spécifique proposée par l’équipe de DEFIS et son partenaire le Tranoben’ny Tantsaha, a contribué à restaurer et maintenir la fertilité des sols.

Le processus d’amélioration des conditions de survie de la parcelle en bloc agroécologique prend du temps, mais c’est la période nécessaire pour en asseoir les bases de l’approche. Le seul inconvénient pour la famille Fomey Soa reste la gestion de l’arrosage des cultures en raison du manque de pluies :

« Si seulement quelques gouttes tombaient au moins une semaine, l’arrosage n’est pas toujours nécessaire. Les cultures survivront avec cette petite quantité de pluie », confie le père de famille.

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