Transformation agricole en marche
Dans la région d’Anosy, au sud de Madagascar, le district de Betroka s’illustre aujourd’hui comme un pôle stratégique de la production d’oignons grâce à l’action du Programme DEFIS du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, appuyé par le FIDA. L’Union TANJONA, composée de onze Organisations Paysannes de Base (OPB), enregistre une production annuelle allant de 300 à 400 tonnes, contribuant significativement à la sécurité alimentaire et à l’inclusion économique des petits producteurs.

Bénéficiant d’un calendrier agricole complémentaire à celui des grandes zones de production du Nord-Ouest, Betroka cultive de mars à novembre, ce qui permet de sécuriser une production presque continue et d’alimenter les marchés pendant les périodes creuses. Cette spécificité contribue à stabiliser l’offre et à améliorer les revenus des producteurs.
Depuis 2019, le Programme DEFIS a introduit des techniques agricoles améliorées, allant de la gestion raisonnée de l’eau à l’adoption de semences de qualité et d’engrais biologiques. Il a également joué un rôle essentiel dans le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des producteurs, via des formations, l’accompagnement par des techniciens dédiés, et la fourniture de matériel agricole.
« Ces dernières années ont été les meilleures pour nous. Nous avons adopté des méthodes rigoureuses, et cela a renforcé notre résilience face aux aléas climatiques », affirme Augustin Razafindrasojalambo, Président de l’Union TANJONA.
Une dynamique collective pour l’accès au marché
Dans le fokontany de Mananovy, commune de Bekoroka, la valorisation de la filière oignon transforme les conditions de vie des ménages. DEFIS a facilité la structuration des producteurs et la mise en place de ventes groupées, favorisant des partenariats commerciaux durables.

« Avec l’appui de DEFIS, nous avons pris conscience de la valeur de notre production. Chaque membre a constaté une nette amélioration de ses revenus et de ses conditions de vie », souligne Pascal Rakotomavo, président de l’OPB FTMT.
Le développement d’infrastructures comme les magasins de stockage a permis d’améliorer la qualité de la commercialisation, renforçant la position des producteurs sur les marchés régionaux et nationaux (Antananarivo, Toamasina, Anôsy).
Résultat : le prix de vente de l’oignon est passé de 1 000 à 5 000 ariary le kilo. Un membre d’OPB peut désormais générer jusqu’à 3 000 000 ariary par saison, tout en diversifiant ses cultures avec des produits de contre-saison (brèdes, patates douces, riz, haricot).
Grâce aux appuis, la filière oignon est devenue un levier structurant de l’économie locale, tout en favorisant undéveloppement rural équitable et durable.