Dix-sept femmes habitant le fokontany de Tambohivo, Commune Rurale d’Alakamisy Ambohimaha, District de
Lalangina, Région Haute Matsiatra, s’unissent au sein du Groupement Villageois d’Epargne Communautaire
« MIFANAVOTRA I ». Elles y perçoivent une source inépuisable d’opportunités économiques et sociales.

Qu’est-ce qu’un GVEC ?
Un Groupement Villageois d’Epargne et de Crédit est un groupe de 15 à 30 personnes qui épargnent ensemble et font des emprunts à partir de ces épargnes. Les activités fonctionnent en cycle d’une durée d’environ neuf mois au bout des quels les épargnes accumulées et les bénéfices tirés des prêts sont répartis entre les membres proportionnellement au montant qu’ils ont épargné.
Le GVEC renforce la capacité des groupes communautaires à mobiliser leur épargne, utiliser leurs épargnes pour créer un fond de crédit et une caisse de solidarité pour aider des membres en situation d’urgence. Source : ONG Trias Afrique de l’Ouest
Le fokontany de Tambohivo appartient à la Commune Rurale d’Alakamisy Ambohimaha du District de Lalangina, Région Haute Matsiatra mais se situe à l’écart du chef-lieu de la Commune. Le fokontany se trouve sur la RN25, menant vers Ranomafana et les régions de Vatovavy et de Fitovinany. Au premier contact visuel, le fokontany baigne dans une propreté remarquable. Les cours et environnements de proximité de chaque habitation sont propres, bien nettoyés et bien ordonnés dans ce fokontany Betsileo.
Des femmes du fokontany se regroupent et s’entraident afin de développer leurs activités quotidiennes respectives après avoir été sensibilisées par les Conseillers de Gestion d’Exploitations d’Agriculture Familiale (CGEAF) du Programme DEFIS du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, aux avantages du Groupement Villageois d’Epargne Communautaire (GVEC).
Elles ont ainsi mis sur pied le GVEC qu’elles ont baptisé « MIFANAVOTRA I » et se réunissent tous les jeudis après-midi depuis 2022.
« Les membres du GVEC exercent pour la plupart dans le secteur de l’Agriculture et de l’Elevage. Mais les ressources obtenues de ces activités sont soit insuffisantes, soit dépensées inutilement et nous nous retrouvons endettées. Nous peinons à trouver des réponses à la question de comment arrêter le cercle vicieux de la dette » raconte Eulalie Narilalao Randimbiarisoa, Présidente du GVEC « MIFANAVOTRA I ».
« Après les sensibilisations sur le procédé d’un GVEC, nous sommes aujourd’hui dix-sept à gérer nous-mêmes nos propres ressources et épargnes. Nous nous demandons du crédit entre nous pour réaliser des activités rémunératrices et nos épargnes sont gérées dans de très bonnes conditions » ajoute la Présidente.
Cette localité de la Commune Rurale d’Alakamisy Ambohimaha est avantagée sur la fertilité du sol. Le climat permet la culture de carottes de très bonne qualité. Ranivoarisoa, membre du Groupement raconte qu’elle a multiplié son chiffre d’affaires en production de carottes.
« Les membres participent chaque semaine à la fructification des épargnes de l’association avec un minimum de 1000 ariary. Avec cette accessibilité au crédit dans les caisses de notre association, avec 50 000ariary d’emprunt, j’ai pu redémarrer en bonne et due forme mes activités de culture de carotte, quelque peu délaissées pour de nombreuses raisons. J’ai pu louer un encart de terrain, acheter de quoi commencer, appliquer les bonnes techniques de culture. Après trois mois seulement, les carottes sont prêtes. En un an, j’ai vu tripler voire quadrupler mon chiffre d’affaires avec la vente par kilo de 3000 ariary au départ d’ici, au fokontany» raconte-t-elle.
La mère de famille se dit plus motivée dans son activité car elle peut à la fois étendre son champ de culture mais également son champ de clientèle.
Eulalie Narilalao Randimbiarisoa, présidente du GVEC « MIFANAVOTRA », Commune rurale d’Alakamisy Ambohimaha, District de Lalangina, Région Haute Matsiatra : « Le GVEC est une banque communautaire salutaire »

« Avant de rejoindre le GVEC, je n’avais pas accès aux prêts traditionnels des institutions financières locales, faute de garantie de remboursement. Mais grâce au GVEC, j’ai pu concrétiser mon projet d’élevage de porcs. Les fonds initiaux ont été rapidement remboursés en trois mois. Une truie peut mettre bas jusqu’à neuf porcelets par gestation, chacun d’une valeur d’environ 80 000 ariary. Cette activité a prospéré grâce à l’augmentation du nombre de truies que j’ai pu élever. En à peine deux ans, mon mari et moi avons non seulement pu construire une maison, mais nous entamons aujourd’hui la phase de finition. Le GVEC a été bien plus qu’un soutien financier : il a joué un rôle clé dans la stabilité de notre foyer et a permis de rétablir l’harmonie dans plusieurs couples de la communauté. L’initiative de prendre de bonnes décisions pour notre vie a été enseignée au sein du GVEC, et la gestion des finances au sein du foyer a permis de sauver de nombreuses relations de divers maux. »
Les autres membres du GVEC « MIFANAVOTRA I » s’améliorent en quantité et qualité de production de pommes de terre, de choux et de petits pois notamment. Les brèdes restent également des produits phares dans le fokontany de Tambohivo et font partie des marchandises commercialisées à Fianarantsoa, capitale de la Région Haute Matsiatra.
« Je suis témoin de l’amélioration du niveau de vie des membres. Les unes ont pu construire des maisons, envoyer leurs enfants à l’école et d’autres mettent en œuvre une seconde ou une troisième activité génératrice de revenus. Nous entamons bientôt le partage des intérêts du troisième cycle des activités du Groupement et chaque membre perçoit pas moins de 100 000 ariary. Ce qui est intéressant surtout c’est que ce système d’épargne et de crédit ne nous permet pas seulement d’avoir accès à du crédit, mais il a forgé notre mentalité d’aller de l’avant, de se construire en femmes capables, même si nous habitons loin des grandes villes » finit Narilalao Eulalie Randimbiarisoa, Présidente du GVEC « MIFANAVOTRA I »